RAEE atelier 4C’est avec un nouvel élan que le quatrième atelier du Réseau Afrique Enfance Epanouie s’est achevé samedi dernier. Les sept ONG africaines et leur partenaire français Partage se sont retrouvés au Bénin, pour une semaine d’échanges du 28 octobre au 2 novembre. Cette session a questionné tout d’abord la vie du réseau, puis abordé un sujet brûlant pour les acteurs de terrain comme pour ceux qui les financent : « comment pérenniser et transférer des projets éducatifs ».

Le premier point a été abordé avec le constat en demi-teinte d’un équilibre difficile à trouver entre temps consacré aux échanges entre ONG et travail de terrain. Mais les actions envisagées lors de la dernière session du RAEE (en 2011 à Madagascar) étaient-elles réalisables ? La planification peut-elle s’adapter à un mode de fonctionnement riche aussi d’échanges informels ? La rencontre a confirmé le bénéfice des formations en atelier et l’existence d’un réel lien de solidarité entre les ONG membres. Par exemple, après 2011 l’équipe du Dispensaire Trottoir au Burkina Faso a mis en place une base de données pour le suivi des enfants bénéficiaires. Elle a aussi introduit, avec succès, la plantation de Moringa pour nourrir les enfants de l’école et du centre social, en s’inspirant d’une expérience présentée par l’association malgache Bel Avenir.

Tous ses membres souhaitent développer le RAEE. Des solutions ont vite été proposées pour faciliter et structurer le travail en réseau :
– choix d’un animateur relai du RAEE dans chaque association, par délégation de la direction
– validation d’une co-animation de la responsable de développement du réseau Lamako de Partage, au côté du coordinateur du réseau
– diffusion des outils d’échange de savoirs (blog) vers les équipes
– élaboration d’un plan d’actions 2014-2015 plus réaliste que le précédent
– engagement des membres à cofinancer le réseau
– réflexion sur la vision, les statuts et la forme juridique à donner au RAEE.
Les ONG membres s’associeront pour des projets communs selon leurs priorités et leurs capacités opérationnelles : un projet pilote sur le suivi-évaluation à lancer avec le F3E, des actions de plaidoyer à l’occasion de la journée de l’enfant africain, entre autres.
Les échanges sur le RAEE se sont terminés par l’élection à la coordination du réseau de Nasser Assoumani, directeur de Maeecha, pour les deux prochaines années. C’est d’ailleurs Maeecha qui pourrait accueillir le prochain atelier, aux Comores en 2015.

Le deuxième sujet fort de la semaine a été la « pérennisation des projets éducatifs ». Les échanges ont permis de répertorier les « bonnes pratiques » qui contribuent à rendre un projet ou une action pérenne. Sont ressortis notamment- la nécessité d’associer les bénéficiaires aux étapes de construction et de mise en oeuvre d’un projet et d’un autre côté le besoin « d’apprendre à dire non », des modèles d’activités génératrices de revenus qui permettent à une action de perdurer sans dépendre d’un bailleur externe… Un manuel reprenant les apports théoriques et les expériences présentées par chacun des membres du RAEE sera publié d’ici la fin du mois.

Un autre résultat issu de l’atelier pourrait être l’ouverture d’une rubrique « humour » dans le blog, si l’on capitalisait les blagues des « intellectuels du développement », qui ont animé les reprises en demi-journées, avant les moments d’étude !
Au final, grâce à l’implication de chacun, c’est un groupe soudé par des échanges chaleureux et par la perspective d’un RAEE renforcé qui s’est séparé à l’issue de l’atelier.